Accueil > Médias > Internet > 4 Roues sous 1 Parapluie: 2 CV, grandes ambitions

4 Roues sous 1 Parapluie: 2 CV, grandes ambitions

Laisse les gondoles à Venise ! Paris a ses 2CV qui séduisent aussi bien les touristes que les entreprises à la recherche d’un bon coup marketing


 

Les faits ....

Cette entreprise parisienne propose des balades et des circuits haut de gamme et conviviaux dans la mythique petite voiture de Citroën


Il y a douze ans, tout juste diplômé d’école de commerce, Florent Dargnies s’installait seul dans sa 2 CV Charleston grise et noire pour conduire ses premiers clients dans Paris. De retour d’un voyage à Berlin, il s’était inspiré des circuits...


Il y a douze ans, tout juste diplômé d’école de commerce, Florent Dargnies s’installait seul dans sa 2 CV Charleston grise et noire pour conduire ses premiers clients dans Paris. De retour d’un voyage à Berlin, il s’était inspiré des circuits touristiques en Trabant est-allemandes pour concevoir une offre similaire, mais en 2 CV. « C’est une voiture mythique qui suscite les réactions, même des enfants, la sympathie. Placée dans un terrain de jeu unique comme Paris, c’est une fabrique à souvenirs, elle est propice à la conversation et à l’échange », explique-t-il.

La jeune société est baptisée 4 Roues sous 1 Parapluie, phrase tirée du cahier des charges de la 2 CV, sortie en 1948. Ces « Deudeuches » parisiennes ont fait du chemin : elles sont désormais 42. La société compte une dizaine de salariés permanents (dont un mécano), fait travailler 100 chauffeurs et balade 20 000 personnes par an dans les rues de la capitale, et au-delà.

« L’idée est d’offrir un service haut de gamme mais convivial, avec un chauffeur privatif, polyglotte, cultivé, et élégamment habillé d’une marinière Saint-James, susceptible de faire visiter Paris de manière originale, avec plusieurs offres de circuits, traditionnels ou plus pointus, et des excursions hors de Paris, pour lesquelles nous confions les clés. Nous organisons même un rallye qui relie Paris à Cannes via les plus beaux villages de France. »

Au départ, les clients étaient surtout des touristes, français, européens… Mais les 2 CV, popularisées par le James Bond dans « Rien que pour vos Yeux » font aussi un tabac auprès du public anglo-saxon ou australien. Désormais, la moitié de l’activité provient d’événements d’entreprise : team building, des rallyes et autres opérations marketing. « Cette voiture s’adapte à toutes les manières d’envisager l’image de la France, explique Florent Dargnies. D’ailleurs, nos automobiles circulent sous les couleurs de marques de luxe pour la Fashion week comme sous celles de Cochonou. »


Version électrique. Pour autant, Florent Dargnies se défend de promouvoir, tel une Amélie Poulain entrepreneure, un tourisme aux relents passéistes de « c’était mieux avant ». « Nous avons choisi de répondre aux questions de développement durable posées par les moteurs thermiques en ville par l’innovation. Nous avons lancé un programme sur cinq ans pour développer des 2 CV électriques. Citroën a validé notre projet, qui coûtera un million d’euros au total, avec la transformation de plusieurs véhicules. La région Ile-de-France a participé financièrement. Nous pensons aux puristes, aussi, en travaillant sur un modèle qui, bien qu’électrique, produise tout de même le bruit typique de la 2 CV. Ce n’est pas une trahison. La 2 CV, à sa naissance, était déjà très innovante. »

La grande fierté du jeune PDG : que cette « Deux-pattes » nouvelle vague ait été présentée, comme son ancêtre, sous la coupole du Grand-Palais lors de la COP21. Quelques jours après les attentats, comme un symbole de la France qui continue d’avancer, malgré tout.

« Je défends l’idée que notre activité n’est pas seulement sympa et anecdotique. Je suis même très ambitieux quant à son potentiel touristique et économique. Pour moi, les 2 CV sont appelées à devenir aussi incontournables dans Paris que le sont les gondoles à Venise, affirme Florent Dargnies. Nous voulons participer à l’offre de services qui fait que les touristes étrangers ont envie non seulement de venir dans notre pays, mais aussi d’y dépenser plus ».