Créateur d’expérience en 2cv

Citroën Acadiane : le sparadrap de l’utilitaire

Prenant la suite de la 2CV Fourgonnette à partir de 1978, l’Acadiane réussit à faire ce que la Dyane ne put jamais espérer : détrôner sa devancière. Mais, ironie du sort, elle dut faire rapidement face à une héritière bien plus moderne et tout aussi Citroën, la fameuse Citroën C15. Coincée entre deux chaises, l’Acadiane sera donc un modèle de transition, relativement courante sur les routes dans les années 80 et vendue jusqu’en 1987 seulement grâce à un prix canon, en contrepartie d’une puissance plus du tout adaptée.

Dates de production : 1977-1987

Production : 253 393 exemplaires

Lieu de production : Vigo (Espagne), Mangualde (Portugal)

Un nom en forme de jeu de mot

Parlons d’abord du nom : dérivée de la Dyane qui puisait son patronyme chez les facétieux du bureau d’études de chez Panhard (Dyane étant un anagramme de Dyna agrémenté d’un E pour la facilité de lecture et de prononciation), l’Acadiane joue elle sur le registre du jeu de mot : dérivée de la Dyane, et prenant la place des AK (nom de code des fourgonnettes 2CV), il suffisait d’accoler les deux pour rappeler la nostalgie d’un Empire colonial à jamais révolu sur les côtes américaines, l’Acadiane justement (la Louisiane aujourd’hui).

Une Acadiane pour remplacer l’AK

Revenons au milieu des années 70. L’AK (la Fourgonnette, rappelons le) arrive en bout de course, tandis que Citroën vit des heures tragiques : rattrapée par son incurie financière, et lâchée par la famille Michelin, l’entreprise du quai de Javel vit des heures sombres et tombe sous la coupe de Peugeot. A l’époque, il faut couper les branches mortes (adieu la SM et la vieillissante DS), jouer à fond les synergies (la LN est rapidement lancée, suivie par la Visa, sur base 104) mais il faut aussi faire durer l’existant dans le domaine des utilitaires légers. Si la Dyane plus moderne et plus puissante n’a pas supplanté la 2CV, elle demeure une base correcte pour offrir un peu de nouveauté dans ce secteur en attendant un projet plus ambitieux (la C15, étudiée pourtant très tôt au moment de la conception de la Visa, mais qui ne sortira qu’en 1984).

Faire du neuf avec du vieux

Pour animer la gamme, offrir du neuf, rentabiliser l’outil de production et tirer un trait définitif sur l’AK, proposer une fourgonnette sur la base de la Dyane (datant de 1967, pourtant) semble l’idée la plus simple et la plus rentable. Adieu les usines Panhard obsolètes, place à une production ibériques (Vigo en Espagne, puis Mangualde au Portugal). Côté technique, elle ressemble à l’AK, mais son empattement est légèrement plus grand, permettant une charge utile de 480 kg. Côté moteur, on trouve le bicylindre de 31 chevaux qui permet des performances tout juste décentes, mais toujours meilleurs que l’AK grâce à une aérodynamique plus étudiée. Économies d’échelle obligent, elle récupère de nombreuses pièces internes du groupe faisant d’elle un vrai nouveau modèle tout en restant assez proche en performance de sa devancière : on est pas dans la révolution.

L’Acadiane pouvait se décliner en fonction des besoin de l’utilisateur, en fourgon ou en pick-up par exemple

En attendant le C15

Peu importe, il s’agit de faire le bouche-trou en attendant le Messie (en l’occurrence le C15) avec pour argument un prix canon. Tellement canon qu’au lancement de ladite C15, en 1984, l’Acadiane reste au catalogue pour 10 000 francs de moins. On peut s’en moquer, puisque les Fourgonnettes 2CV se vendront à 1 250 000 exemplaires et que la C15 approchera de ce chiffre (1 120 000 ex), mais entre 1978 (année véritable de lancement) en 1984 (année de lancement du concurrent interne), l’Acadiane gardera un rythme de vente tout à fait honorable (entre 30 et 50 000 unités par an, avant de s’effondrer). Mais elle ne pouvait plus lutter : issue de la 2CV qui, elle, conservait un délicieux charme suranné pour la balade, elle devait rendre des services que son bicylindre ne permettait plus. Face aux demandes de robustesse mais aussi d’efficience et de consommation, les C15 dotés de moteur Diesel ne lui laissèrent aucune chance (sauf auprès de vieux nostalgiques mais dans l’utilitaire, difficile de faire appel à cet argument).

Alors oui, 253 000 exemplaires, c’est peu, mais vous noterez qu’on en voit encore pas mal sur les routes (plus que des Fourgonnettes, mais moins que des C15, certes). Enfin, l’heure est désormais à la collection pour ces utilitaires légers qui nous rendent nostalgiques de notre enfance. Alors si l’occasion se présente : n’hésitez pas, l’Acadiane est une valeur sûre !

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